Mardi 21 août 2007
Après notre première nuit à New York et dans notre dortoir, nous décidons d'attaquer le planning prévu. Au programme, la descente de Broadway à pied jusqu'au Sud de Manhattan et
son célèbre quartier financier. L'objectif est de nous rendre tout à la pointe Sud de l'île, à Battery Park, pour prendre le ferry qui nous conduira au premier grand lieu tant attendu, Liberty
Island, et plus explicitement sa célèbre statue.
Première surprise plutôt désagréable en sortant de l'auberge, un temps pourri et nuageux, quelques flaques au sol et une pluie fine s'attaquant d'emblée à notre optimisme. Nous décidons néanmoins
de nous mettre en route car il fallait respecter le planning et nous avions dans l'espoir que tout cela s'améliorerait rapidement. Mais nous ignorions encore qu'en Amérique, la pluie tombe mais ne
s'arrête pas. Et au fur et à mesure de notre avancée vers le sud de l'île, la pluie redoublait d'intensité, ce qui nous força à dépenser nos premiers US$ pour un marchand de parapluies
ambulant.
Au final nous arrivons à Battery Park et achetons nos billets définitivement trempés. Ajoutez à cela un vent froid venu d'Atlantique, bref, imaginez l'humeur...La "tete des mauvais jours" comme
certaines le disent si bien!
Une fois dans le ferry je cherchais immédiatement les toilettes afin de débusquer un séchoir à mains. Je ne trouva mon bonheur que dans les toilettes pour femmes. Je vous l'accorde, ma dignité y a
pris un ptit coup au passage, mais je la sacrifiais pour mon confort!
Une fois débarqués je crus être maudit pour de bon. On avait en fait la possibilité de pénétrer dans la statue (petite pensée pour Woody Allen) mais il fallait pour cela montrer un pass que l'on
nous avait donné avec l'achat des billets. Et bien évidemment la gourde qui m'a servie a oublié de m'en filer, et me voilà recalé à l'entrée d'un des plus mythiques monuments au monde par un
gardien sapé en soldat canadien on ne sait trop pourquoi. Une nouvelle sorte de kéké en somme mais il faisait son taf. Yohann ayant pu passer, je décidai alors de faire des photos tout autour du
site; une certaine fierté! Car allez faire des photos sous une pluie battante et sous des bourrasques de ouf. Bref je n'accepterai aucune remarque! Finalement Yohann m'a dit qu'il avait
attendu une demi heure pour un truc bidon. En effet, depuis le 11 septembre, on ne peut plus monter en haut de la statue. Le spectacle était donc quelque peu insignifiant et pour une fois j'avais
une once de sympathie pour Ben Laden et ses barbus..Ok je la ferme...
Le ferry nous conduisait ensuite sur Ellis Island, une autre île de la baie. C'est ici que des millions d'immigrants s'entassaient avant de rentrer aux Etats Unis ou d'être recalés...Un peu leur
Sangatte à eux si je peux me permettre la comparaison! On a donc visité le bâtiment aujourd'hui transformé en musée. C'était sympa même si pas mal de choses nous ont échappé étant écrites en
anglais.
Il était l'heure de manger au moment où nous attrapions le ferry du retour vers Manhattan. Il y avait bien sûr beaucoup d'alternatives possibles, mais compte tenu d'une faim atroce engendrée par
nos efforts inhumains et de sa proximité, nous options finalement pour McDo. Pour ma défense, je vous dirai simplement que ce n'est pas n'importe quel McDo, c'est celui de Wall Street, avec son
pianiste en vitrine et sa barre d'information boursière électronique. Et je dois avouer que mordre à pleines dents dans notre Big Mac payé en US$ au milieu de tous les cols blancs était
plutôt joussif. Si un pur communard aurait eu une attaque, entouré d'une montagne de symboles du capitalisme à l'américaine, la faim me fit soudainement aimer passionnément l'économie de
marché!
Changement décor évident après nous être rassasiées. Nous nous dirigeons alors vers Ground Zero, à deux pas

de là, le site des défuntes tours jumelles. En arrivant sur les lieux, le temps était toujours détestable et rendait
l'athmosphère encore plus pesante. Pourtant, même en franchissant du regard les palissades qui entouraient l'immense chantier de reconstruction, mais aussi de nettoyage puisqu'il y a encore des
décombres, il était difficile d'imaginer ce lieu comme le cimetière de 2595 personnes et de tout un symbole. C'est triste mais il n'y a pas grand chose à dire sur cette "visite". Les Américains
veulent tourner rapidement la page, et ça se comprend.
Après avoir discuté avec un Hispanique qui voulait nous aider à prendre le train (alors que nous voulions prendre le métro!), nous prenons la direction de l'est de Lower Manhattan pour
explorer un peu plus le quartier, en quelque sorte centre du monde. Si je vous parle de notre gros quiproquo avec ce type, c'est simplement parce que c'est lui qui est venu vers nous
pour nous aider. Vous vous dites bien sûr que ça n'a rien d'extraordinaire en soi, mais c'était le début d'une longue série. A chaque fois que nous étions un peu pommés ou en train de chercher une
direction, quelqu'un est venu vers nous. Je ne sais pas si cette attitude est typiquement new Yorkaise, car chacun sait que cette ville n'est pas l'Amérique, bien au contraire... Ce que j'ai vu, ce
ne sont pas ces obèses pressés, qui vous adressent à peine la parole avec un air supérieur pour la simple et bonne raison que vous êtes Français et qu'ils sont Américains. Il y a une culture du
préjugé et j'avoue y être un peu imprégné en arrivant, mais pas une seule fois durant notre séjour ces à priori ne furent vérifiés. En fait, la seule chose que je peux reprocher aux New Yorkais,
c'est de parler anglais...
Nous avons donc longé la berge de l'East River, faisant face à Brooklyn. C'est devant le South Street Seaport , l'ancien port de Manhattan qu nous avons rencontré ces deux marchands ambulants qui
causaient un peu le Français. Et c'est à eux que Yohann acheta sa Rollex à 10 dollars. Cherchez l'erreur!
Après un tour au centre commercial du port, et comme il ne pleuvait plus, on s'est dit qu'il fallait bien voir Wall Street de plus près. C'était plutôt difficile ce matin et n'imaginez même
pas prendre une photo, une dizaines de mecs en parapluie vous la gâcheront en passant devant tellement il y a de monde à Wall Street en semaine. Je

reussis néanmoins à prendre la façade de la Bourse en photo avec
son immense baniére étoilée, comme pour nous rappeler que si on voulait faire du fric c'était avec eux et personne d'autre. Et puis nous sommes repartis, en métro. Encore une fierté que ce métro,
réputé indomptable pour les Français, mais apprivoisé dès la première journée. La classe!
Le soir nous sommes retournés sur Union Square où il y avait toujours beaucoup d'animation, du skate, un peu de musique et parfois quelques types qui venaient se la jouer en faisant du hip hop. Ce
soir là il y avait aussi une soirée qui m'avait l'air plutôt officielle, dans un batiment qui l'était tout aussi. On s'est approché auprès des caméras et bizarrement on était bien les seuls que ça
intéressait. Une fille était interviewvée, plus moyen de me rappeler qui c'était mais une fille connue j'vous jure! Elle se la pétait pas mal en tout cas, mais j'arrive vraiment pas à me rappeler
son nom! J'vous vois venir, ça y'est il a été à New York alors il se la raconte, il a vu des stars, etc..Attendez ça c'est plutôt banal dans mon cas! J'ai quand même vu Manu Chao à Orly! Non le
truc qui m'a vexé c'est qu'elle ne m'a même pas reconnu! Bref, je crois même avoir vu ce cher Woody mais Yohann m'a dit que ce n'était pas lui.
Et puis on est retourné à l'auberge. On était crevé comme presque tous les soirs qui allaient suivre. C'est ce soir là qu'on a rencontré Pavlov, cet Ukrainien venu bosser à New York. Je ne sais
plus trop dans quel domaine. Il était sympa en tout cas pour le peu de choses que je réussis à traduire! On a même parlé de foot, faut dire qu'il y avait aussi un Italien dans la chambre. Alors
forcément un Italien, un Ukrainien et un Français réunis dans la même chambre ça en vient forcément à la dernière coupe du monde! Ca va je me suis contenu et on s'est pas battu avec le
macaroni...pardon l'Italien!
Pavlov nous dira le lendemain que ça n'a pas marché pour lui, et qu'il devait repartir maintenant. Il ne sera resté que deux nuits.
Nous venions de vivre notre première journée à New York. Mine de rien on avait vu la Statue de la Liberté, symbole de bonheur et de liberté pour des millions d'immigrants. Comme on avait vu Ground
Zero, symbole de l'effondrement progressif des Etats Unis et de notre folie à tous.
Je ne crois pas avoir rêvé cette nuit là, ni durant toutes mes nuits new Yorkaises. Non, le rêve, c'était pour la journée...